Autun, la ville médiévale

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Dans notre escapade de deux jours en Bourgogne, qu’allions-nous voir ? Trois rendez-vous nous sont fixés par l’Histoire en ces parages :Autun, la seule ville gallo-romaine de la région, avec sa cathédrale saint Lazare du XII°s et le Musée Rollin ; L’abbaye de Fontenay et Châtillon sur Seine, avec les abords du fleuve et son petit musée qui renferme le fameux vase de Vix.

Nous arrivons à Autun du côté du golf, par une colline qui fait face à celle de la ville et nous offre un tableau harmonieux et équilibré, où la flèche de la cathédrale se dresse au milieu d’un enchevêtrement de toits aigus où la tuile brunie se mêle à l’ardoise bleutée, témoignages d’une province centrale, passage privilégié entre le Nord et le Midi.

Devant les vieilles demeures, on aperçoit des traces des villes romaine et médiévale et sur le côté deux éminences, vestiges des terrils d’antan : la ville était le centre d’un bassin minier important.

 

la ville d'Autun, de loin

Autun, vue du golf

Autun, au lointain

les anciens terrils d'Autun

les terrils

Autun, vue d'ensemble de la ville et de ses anciens terrils

 

Nous posons nos sacs au coeur du vieux quartier de la ville, à l’hôtel des Ursulines : un ancien couvent du XVII° siècle, qui jouit d’une belle vue sur les monts du Morvan. Demain matin, une surprise nous y attendra : le petit déjeuner servi dans l'ancienne chapelle du couvent. Et comme l’hôtel est installé à proximité de la cathédrale, du musée Rolin et de l'Evêché, nous commençons immédiatement nos visites.

Sur la place, devant la cathédrale, nous sommes accueillis par la jolie Fontaine St-Lazare. Elle a été construite, avec ses 2 dômes successifs et ses lanternons, en 1543. Un pélican, symbole de l’abnégation, la surmonte…

Quant à la cathédrale Saint-Lazare, elle a été édifiée au XII°s, sous l'impulsion de l'évêque Étienne de Bagé, pour accueillir les reliques du Saint dans un superbe monument de marbre, malheureusement détruit en 1766. Lors du transfert de ces reliques, la liesse populaire fut telle qu’il fallut faire appel à l’armée ! Extérieurement, la cathédrale a perdu son aspect roman : son clocher,foudroyé en 1469, est reconstruit par le cardinal Rolin et surmonté d’une flèche gothique  entièrement creuse, sans charpente, qui s’élève à 80m au dessus du sol. Quant aux deux tours du grand portail, elles ont été édifiées au XIX°s, lors de travaux de restauration sous le contrôle de Viollet-le Duc.

L’architecture intérieure est caractéristique du style dit «roman bourguignon ». C’est un grand vaisseau, haut de 23 m, avec une grande nef à trois étages sous une voûte en berceau brisé et un grand transept avec une coupole, d’inspiration clunisienne un peu austère malgré un décor sculpté riche et varié. Il n’y a pas de choeur à déambulatoire et chapelles rayonnantes à Autun, mais un simple chevet à trois absides.

 

Autun, la fontaine-St-Lazare

fontaine-st-lazare

cathedrale

Le tympan de la cathédrale : le Jugement dernier

cathedrale, inscription

cathedrale, horloge

Le Jugement Drenier du tympan du narthex

cathedrale, détail du porche

 

cathedrale, escalier intérieur

cathedrale, vitraux

 

La Cathédrale Saint-Lazare, sa fontaine et le Jugement Dernier du narthex

 

Mais la cathédrale est surtout connue par les dizaines de chapiteaux de la nef et du choeur. Ils s’ornent de palmettes et de feuillages ou racontent avec beaucoup de fantaisie des scènes de l’Ancien et du Nouveau Testaments, comme l’Ascension et la Chute de Simon le Magicien, Moise et le Veau d’Or, Samson terrassant le Dragon ou renversant le Temple, l’Arche de Noé,  la lutte d’un Guerrier et d’un Hippogriffe, l’Annonciation à Sainte-Anne, la fuite en Egypte, l’Apparition du Christ à Madeleine… Ils datent de 1130-1135 et sont pour la plupart de la main de Gislebertus... Si 50 chapiteaux originels ont été conservés dans la nef, une vingtaine a été remplacée par des copies et déposée dans la Salle capitulaire, bâtie au XVI° s du coté sud de la cathédrale, en l’étage. On y monte donc pour les admirer de près, sous un meilleur éclairage.

 

Le chapiteau le plus célèbre de la salle est certainement celui de la Fuite en Egypte, qui provient du choeur, avec Marie et Jésus sur l’âne et Joseph qui les escortent, tout comme  l'Arrivée des Mages chez Hérode (mutilé), l’Adoration des Mages,le Sommeil des Mages, un Nain combattant, deux Vices et deux Vertus aux visages étonnants, le combat d’un Basilic et d’un Sagittaire, un Oiseau tricéphale.D’autres merveilles proviennent de la nef. Ce sont la Mort de Cain, la Pendaison de Judas, Dieu et Adam. Balaam sur l'anesse (mutilé), vient portail du narthex, comme un Ethiopien et un corbeau…

 

cathedrale : la fuite en Egypte

Dieu et Adam (le diable attend, caché derrière un arbre)

cathedrale la fuite en Egypte, profil

le sommeil des Mages (un ange en réveille un en le touchant du doigt)

un nain combattant un oiseau

un basilic

les Vices et les Vertus

la fuite en Egyptesous un autre angle

Les chapiteaux de la salle capitulaire

 

En sortant de la Cathédrale, nous nous arrêtons longuement devant le tympan du portail du narthex et son Jugement Dernier, sculpté aux environs de 1130 par le même Gislebertus.On le sait parce que sous le Christ ressuscité, sculpté dans une mandorle ovale, on lit l'inscription : « GISLEBERTUS HOC FECIT » (C’est Gislebertus qui a fait ça). Comme dans tout Jugement Dernier, Marie et un ange annonciateur sont à la droite du Christ ; deux prophètes, Enoch et Elie, sont à sa gauche.Juste dessous,nous avons le Paradis. Un groupe d'Apôtres et Saint-Pierre conduisent un élu au ciel pendant qu’à gauche, Saint-Michel pèse les âmes qu’attendent d'horribles démons pour les amener en l'enfer. Encore dessous, sur le linteau, les élus s'avancent en levant les yeux vers le Christ. Les damnés crient leur désespoir et portent l’emblème de leur faute : l'ivrogne son tonneau ou l’avare sa bourse…

Une anecdote, heureuse, pour finir : au XVIII° s, temps de pruderie, on a jugé le tympan trop « vulgaire » et il a été recouvert de plâtre en 1766. La tête du Christ dépassait, on l’a décapité (premier d’une longue série, et pas en pierre, hélas) ! En contre-partie, ça a protégé les sculptures de la furie des révolutionnaires… Le tympan a été redécouvert et dégagé en 1837. Quant à la tête du Christ, elle a été retrouvée par l’historien Denis Grivot parmi les sculptures du dépôt du Musée Rolin et finalement remise en place en 1948.

 

la tour des Ursulines

la tour-st-leger.

Les tours d'Autun

 

Nous nous dirigeons ensuite vers le Musée Rolin, aménagé de façon remarquable dans un hôtel du XIX°s et les dépendances de l’ancienne demeure construite au XV°s pour le chancelier Rolin.

On y admire de nombreuses œuvres bourguignonnes depuis les époques celte et romaine, avec de jolies statues et mosaïques mais nous en viendrons vite aux sculptures médiévales qui viennent de la Cathédrale.

 

le Musée Rolin

Saint André

Marie-Madeleine

Marthe

Le Musée Rolin : le groupe du tombeau de St Lazare

 

Nous tombons en arrêt devant Eve couchée, nue, longue et alanguie, allongée parmi les feuillages. C’est la « Tentation d’Eve » qui, fausse innocente,semble ne pas se rendre compte qu’elle tient déjà dans sa main la pomme fatale… L’œuvre est encore du génial Gislebertus. Un autre motif d’admiration : le groupe de statues qui reste du tombeau de Saint Lazare. Saint André, Marthe, qui se cache le nez de son voile, Marie-Madeleine, tous entouraient le tombeau dont nous pouvons nous faire une idée grâce à une maquette.

 

Eve couchée

La tentation d'Eve

 

En quittant, éblouis, le Musée Rolin, nous faisons un dernier tour dans la ville haute, ses vieilles demeures et ses places, avant d’aller rendre hommage à la ville gallo-romaine, la première époque glorieuse de cette cité.

Un site superbe sur la Cathédrale : c'est ici


Vers Autun, la ville gallo-romaine